2. L'amant...
Il fait presque nuit et chaud. Trop chaud pour la saison. Il n'y a plus de saison, comme disent les vieux qui finissent souvent par avoir raison avec leurs proverbes à la con. Le canal St Martin est animé. Louis le longe le plus vite possible, il est en retard. Il passe près des groupes de jeunes, cannettes de bière dans une main, cigarette ou pétard dans l'autre. Grands gestes, éclats de rire. Il sourit, ébouriffant ses cheveux. Derrière lui, des gens commencent à s'agiter, tournés vers le canal. Il ne se retourne pas, semble perdu dans ses pensées, ne se dirige que vers un point : sa maîtresse qui sent la framboise, là bas quelque part. Derrière lui, une femme crie, un homme l'empêche de se fracasser le crâne contre la berge de béton en tombant, une autre hurle d'appeler la police : dans le canal St Martin, ce soir de mai où il fait trop chaud pour la saison, le corps d'un homme flotte sans vie.
Louis sourit, allume une cigarette et fredonne le reprise d'un vieil air qui passe dans son lecteur mp3.
Il tourne dans la rue du Faubourg du Temple en direction de Belleville. Il imagine déjà ses grandes mains caressant sa taille fine, son odeur de framboise sous sa cascade de cheveux roux, son petit corps souple et chaud offert qu'il a tend de plaisir à posséder. Pourquoi s'en faire ?
Par L'Excessive, Mardi 21 Aout 2007 à 21:21 GMT+2 dans Les Hanches Larges (article, RSS)




