3. Deux corps
Il a sonné. Elle lui a ouvert la porte du bas. Ils n'ont pas eu à échanger un mot par l'interphone. Elle entrouvre la porte de son appartement et retourne s'allonger sur son lit, lascive, un léger sourire flottant sur les lèvres, la pose étudiée pour être aguichante.
Il entre. Fait trois pas et se retrouve dans la petite chambre sombre et moite. Un rayon de soleil la traverse, comme un projecteur discret sur sa nuque délicate. Elle lui tourne le dos négligemment. Il sait.
Il est derrière elle. Contre elle. Elle n'a pas bougé. A peine frémi quand dans un souffle chaud, il lui a dit bonjour. Murmuré à l'oreille. Tout contre la nuque. Sous la cascade de cheveux roux. Sa main descend de son épaule à ses hanches, s'attardent sur sa taille. Il la sent tressaillir. C'est un jeu qu'ils connaissent. Bientôt elle attrape sa main et la guide sur son ventre, puis se tourne doucement sur le dos, lui laissant la possibilité enfin de voir son visage, son sourire déjà satisfait, ses yeux pétillants, ses petits seins palpitants sous le fin tissu, son ventre un peu gras, tendre, moelleux, juste en dessous son sexe, qu'il effleure d'un doigt au travers de la mince culotte en coton, il est déjà humide.
Elle l'attrape par la nuque et plaque ses lèvres contre les siennes. Ses mains se font tour à tour fortes pour le maintenir contre elle et plus légères, comme des papillons, pour des caresses fuyantes. De temps en temps, elle enfonce un ongle dans sa nuque, la naissance de ses omoplates ou la racine de ses cheveux. La chute de ses reins est à elle. Sa bouche est de plus en plus chaude, sa langue de plus en plus vive. Il ne peut plus rien diriger, elle le plaque, remonte un peu sa robe, laissant deviner un bout de culotte de coton rose, s'accroupit au dessus de lui. Il l'attrape par la taille et sourit. Elle se baisse vers lui, enfonce son visage dans le creux de son cou, le mordille, passe sa langue sous le col de sa chemise, tandis que sa main droite en ouvre les boutons. Elle recouvre son torse de baisers doux ou de légers coups de dents. Il sursaute souvent, soupire encore davantage. Il caresse sa taille, ses fesses, remontant encore un peu la robe noire, ses seins, tout son corps lui appartient. Elle déboutonne son pantalon, le baisse un peu pour pouvoir faire sortir son sexe en érection. Elle dépose un baiser sur le gland et lève les yeux vers lui. Elle lui retire son pantalon et son caleçon, il jette à l'autre bout de la pièce la petite robe noire inutile. Elle prend son sexe entre ses lèvres. Il gémit. Une de ses mains reste posée sous ses fesses. Elle stoppe subitement, il en profite pour reprendre le dessus, et lui enlève sa culotte. Elle se plante sur lui. Yeux dans les yeux, ils gémissent. Comme s'il occupait une place qu'il ne devait jamais quitter. Comme si elle sentait qu'il comblait un vide, enfin. Le temps peut s'arrêter.
Elle a jouit. Puis il a jouit. Ils sont ainsi un moment. Lui allongé sur elle. Elle apprécie son poids qui l'écrase. Lui aime le contact de ses petits seins aplatis sous son corps et recouverts de sueur.
Bientôt il se retirera, elle s'allongera sur le côté. Il ira chercher deux verres d'eau. Quand il la rejoindra, elle aura allumé une cigarette, qu'ils partageront à la fenêtre, nus, totalement impudiques, partageant leur corps avec qui lèverait les yeux vers ce troisième étage.
Par L'Excessive, Mardi 21 Aout 2007 à 21:28 GMT+2 dans Les Hanches Larges (article, RSS)
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