4. Le corps du canal.
La police est arrivée et tente d'éloigner les badauds. Le corps de l'homme est boursouflé et violacé, ça fait bien longtemps qu'on ne peut plus rien faire pour lui. Il pue. Pas assez pour faire fuire les curieux. Le cadavre porte un jeans et une chemise noire déteinte et mal boutonnée. Il est pieds nus. N'a aucun papier. Bien sur.
L'inspecteur Morlet soupire. Dimanche après midi. Bien trop chaud pour un mois de mai. J'espère que ça sera un suicide. Il détourne la tête avec dégoût. Peut être vient-il d'apercevoir des bleus sur le cou du mort... Le médecin légiste arrive. Il fera son rapport demain. Morlet allume une roulée et se tourne vers le canal. C'est son quartier préféré de Paris. Il y vit depuis toujours et ne le quittera jamais. D'ailleurs non, il va rentrer à pied, inutile de la ramener, merci Bastien. Il commence à remonter doucement vers la rue du Faubourg du Temple. Tourne à droite pour aller prendre une bière Aux P'tits Tonneaux. A la vue des tables en terrasse et du patron, il sourit. Meurtre ou suicide, finalement, qu'est ce que changerait, pour lui ?
Rien.
Il s'ennuie.Par L'Excessive, Mercredi 22 Aout 2007 à 21:49 GMT+2 dans Les Hanches Larges (article, RSS)




