Les Hanches Larges

10. L'Animal

Où les ressemblances avec l'auteur de ces lignes devraient cesser dans vos esprit...

Elle est un animal, elle le sait. C'est cette conscience qui lui donne tant de pouvoir sur les autres. Louis, Paul, Jules mais aussi Christelle, Laurence, le boulanger, le serveur du bar où elle prend son café, ceux qui ne se sont pas encore trouvés sur sa route, ceux qui ne savent pas, ceux qui ne veulent pas reconnaître cette bestialité, par bêtise ou orgueil humain- les pires. Un animal intelligent. Mais l'essentiel est corps. Tout ce qui compte c'est la chair, l'odeur, les contacts, la voix, les gestes, les regards. Les mots ensuite, seulement lorsqu'on a compris tout le reste. Avant ce ne sont souvent que bavardages futiles, erreur de communication, automatismes sordides et vains. Tout n'est que manipulation. Elle n'a pas d'antécédents dramatiques. Merteuil a souffert avant elle. Elle ne cherche pas d'excuse à son comportement. Une maîtrise de tout, même de ses larmes, même quand elle est seule. Tout est jeu. A armes égales, même la souffrance est une plaisanterie. Il faut chercher les règles, les comprendre et en jouer. Elle a ça dans le sang. Sans aucune méchanceté, ses « victimes » sont consentantes ou stupides. Elle joue parce qu'elle ne sait pas faire autrement. Elle n'est pas dure, ni froide, au contraire, elle ressent les choses sans doute plus que vous. La joie, le contact de la peau de ses amants, une conversation politique dans un bar au milieu de la nuit, la tristesse de perdre un être cher, elle sait ce que sait. Admirer une fleur, elle sait. Sourire en regardant un enfant aussi. La colère, elle connaît. Vous ne lui apprendrez rien de l'humanité, des plaisirs simples, ni des plus complexes, ni des peines, des angoisses ou des jalousies. Elle traverse la vie, consciente de son animalité. Et puisque tout termine dans un état de pourrissement, puisque son corps finira comme le votre, bouffé par des vers, autant en jouir avant.

Voilà ce à quoi elle songe en sombrant dans le sommeil après cette journée.

Vos commentaires

1 Le Mercredi 29 Aout 2007 à 00:15 GMT+2, par hauteclaire

Bonjour Excessive. Une scène de transition, qui pose le personnage, où va t-elle nous emmener?
J'aime votre description d'un Paris un peu à l'ancienne, précise comme une photographie, et poétique en même temps.
Amitiés

2 Le Mercredi 29 Aout 2007 à 17:21 GMT+2, par Louise

Bonjour excessive,

Eh bien ! C'est fort, profondément poétique et philosophique à la fois, je vais vous suivre avec impatience...

A bientôt

Louise

3 Le Jeudi 30 Aout 2007 à 09:37 GMT+2, par Math

Je viens de realiser que tu m'abais envoye un mail sur mon ancienne adresse. Alors voila j'ai commence a lire. J'attends la suite!

Autres publications sur le sujet

Aucune référence pour le moment.

Cet article ne peut faire référence à d'autres publications.

Commenter cet article

*


Pour être sûr... combien font 2 + 6 ? *

Se souvenir de moi


Les champs marqués d'un * sont obligatoires
Votre commentaire sera affiché en texte brut à l'exception des liens