21. La raison muette
ça n'aurait pas du arriver, ça devait arriver.
Donc,
La première fois qu'il l'a vu, c'était dans la rue, de la terrasse des P'tits Tonneaux. Puis de sa fenêtre, quelques heures plus tard à peine. Puis il y a eu le parc à l'heure du déjeuner. Et là, ça ne pouvait plus n'être que du hasard. Il l'a attendu et elle est venue vers lui. Alors enfin, il y a eu des mots.
Et puis plus rien pendant trop longtemps - le temps est une valeur toute relative.
Le boulot, l'enquête sur la mort de ce gamin, la chaleur, Paris étouffante, Stéphanie, tout le reste, comme pour patienter. Et cette envie de la revoir. Plus qu'une envie, une certitude obsédante et grandissante : il va la revoir. Lui qui n'a jamais cru au destin et aux évidences de bonnes femmes - c'est comme nécessaire.
Donc,
Il la croisée en sortant du fast food où bossait Jules, place de la République. Elle a sourit dès qu'elle l'a vu et est venue vers lui. Lui se concentrait pour ne pas bégayer, pour garder un regard neutre, les poings serrés forts, les jointures sans doute blanchies par la pression, enfoncés dans les poches de l'éternel imperméable beige. Ils ont bavardés un peu, il ne sait plus de quoi. Il était presque 18h, elle a proposé de prendre un apéritif. Evidemment, il a accepté. La terrasse des P'tits tonneaux comme un symbole qu'elle ne comprend pas. Il est trop fier pour lui en parler. Elle est déjà si sûre d'elle. Et a tant raison. Ils parlent de tout et de rien. De cinéma, de littérature, un peu de photo et de peinture. Il se concentre pour être intéressant. Elle a 25 ans, il en a 14 de plus. Un instant, il se dit qu'il ne devrait pas être là - mais où être alors ?
C'est elle qui l'a dit.
Elle a dit - passant soudain du « vous » au « tu » :
- Tu viens chez moi ?
Elle souriait, pas nerveuse du tout, le regardant dans les yeux. Il n'a même pas hésité, réglé leur consommations, l'a suivi dans son appartement. Ils ont fait l'amour. Ce fut la première fois.
La deuxième fois, il était plus de 23h, sur une impulsion, une envie non réfléchie, le corps qui parle, la raison muette, il est allé sonné chez elle. Elle était là. La deuxième fois, ils n'ont pas parlé. Il est resté une heure à la regarder s'assoupir, caressant son corps blanc, sa nudité simple, imparfaite, ravissante, sa peau douce et frémissante sous ses mains brunes et vieilles pour la première fois.
La troisième fois elle l'attendait devant le commissariat. Ils ont bavardés. Leurs pas les ont menés jusqu' à un petit hôtel miteux. C'était bon comme ça.
La première fois qu'il l'a vu, c'était dans la rue, de la terrasse des P'tits Tonneaux. Puis de sa fenêtre, quelques heures plus tard à peine. Puis il y a eu le parc à l'heure du déjeuner. Et là, ça ne pouvait plus n'être que du hasard. Il l'a attendu et elle est venue vers lui. Alors enfin, il y a eu des mots.
Et puis plus rien pendant trop longtemps - le temps est une valeur toute relative.
Le boulot, l'enquête sur la mort de ce gamin, la chaleur, Paris étouffante, Stéphanie, tout le reste, comme pour patienter. Et cette envie de la revoir. Plus qu'une envie, une certitude obsédante et grandissante : il va la revoir. Lui qui n'a jamais cru au destin et aux évidences de bonnes femmes - c'est comme nécessaire.
Donc,
Il la croisée en sortant du fast food où bossait Jules, place de la République. Elle a sourit dès qu'elle l'a vu et est venue vers lui. Lui se concentrait pour ne pas bégayer, pour garder un regard neutre, les poings serrés forts, les jointures sans doute blanchies par la pression, enfoncés dans les poches de l'éternel imperméable beige. Ils ont bavardés un peu, il ne sait plus de quoi. Il était presque 18h, elle a proposé de prendre un apéritif. Evidemment, il a accepté. La terrasse des P'tits tonneaux comme un symbole qu'elle ne comprend pas. Il est trop fier pour lui en parler. Elle est déjà si sûre d'elle. Et a tant raison. Ils parlent de tout et de rien. De cinéma, de littérature, un peu de photo et de peinture. Il se concentre pour être intéressant. Elle a 25 ans, il en a 14 de plus. Un instant, il se dit qu'il ne devrait pas être là - mais où être alors ?
C'est elle qui l'a dit.
Elle a dit - passant soudain du « vous » au « tu » :
- Tu viens chez moi ?
Elle souriait, pas nerveuse du tout, le regardant dans les yeux. Il n'a même pas hésité, réglé leur consommations, l'a suivi dans son appartement. Ils ont fait l'amour. Ce fut la première fois.
La deuxième fois, il était plus de 23h, sur une impulsion, une envie non réfléchie, le corps qui parle, la raison muette, il est allé sonné chez elle. Elle était là. La deuxième fois, ils n'ont pas parlé. Il est resté une heure à la regarder s'assoupir, caressant son corps blanc, sa nudité simple, imparfaite, ravissante, sa peau douce et frémissante sous ses mains brunes et vieilles pour la première fois.
La troisième fois elle l'attendait devant le commissariat. Ils ont bavardés. Leurs pas les ont menés jusqu' à un petit hôtel miteux. C'était bon comme ça.
Par L'Excessive, Dimanche 30 Septembre 2007 à 20:32 GMT+2 dans Les Hanches Larges (article, RSS)




