25. Confessions inutiles.
Je l'ai rencontré près du fast food place de la République, l'hiver dernier... fin novembre je crois. Je fumais une cigarette avant d'y entrer, il s'est arrêté près de moi, en a allumer une aussi. Comme il me regardait en souriant un peu, j'ai prêté attention à lui. Il m'a plu, alors je lui ai sourit, l'autorisant tacitement à venir me parler. Je sais faire ça. Et puis de toute façon, je ne suis pas timide, j'aurai pu allé lui parler moi-même s'il n'était pas venu, je le trouvais attirant. Il avait l'air intelligent, j'aimais bien son style aussi. Et sa manière de me regarder. Ben oui, parce qu'un rencontre, ça tient beaucoup à ça. J'aime en toi ce que tu fais de moi... Je ne sais plus de quoi on a parlé. Je crois qu'il a plaisanté sur le fait qu'il pouvait m'inviter au restau tout de suite, parlant du fast food. Ça m'a fait rire. J'ai accepté son cheeseburger et je suis revenue l'attendre à la sortie de son travail quelques heures plus tard. On est sortit boire un verre, on parlé de choses et d'autres, surtout de nous, pour se plaire. Je crois qu'on a fait l'amour tout de suite ce premier soir, j'en avais très envie... après on s'est vu quelques fois. On a été au ciné, à des concerts. On a pris des petits déjeuner au fast food, c'est assez dégueulasse ! Et puis les choses se sont arrêtées. Pas brusquement. Tout à coup j'avais moins envie de le voir, j'allais moins l'attendre. Il essayait d'appeler, je n'avais pas toujours « le temps » de répondre. Alors un jour il a même arrêté d'essayer. J'ai pas vraiment été triste. C'est comme ça, c'est la vie je crois, la mienne en tous cas. Les choses s'arrêtent. On ne s'est pas vu pendant deux mois environ, puis on s'est croisé par hasard début mai, un dimanche après midi, sur les berges du canal St Martin. C'était agréable... il faisait très beau, je m'en souviens bien. J'avais trouvé que sa peau sentait le caramel... C'est étrange comme impression, non ? Evidemment ça m'avait donné faim, je l'ai invité chez moi... Il avait le regard un peu triste mais il n'a rien dit. Il souriait aussi beaucoup. Il semblait content de me retrouver mais n'a pas dit que je lui avais manqué. Je ne voulais pas l'entendre de toutes façons. Je ne voyais que son beau regard et son corps doux qui sentait la pâtisserie et je l'écoutais parler un peu de son boulot, du dernier film qu'il avait vu et du livre qu'il lisait. J'avais envie de le revoir, j'étais encore allongée, il n'avait pas quitter l'appartement, j'avais déjà envie de le revoir. J'adore ce sentiment souvent très bref, cette petite voix qui dit « encore » alors que le moment n'est pas fini. Comme un enfant qui agite les bras parce qu'on ne le nourrit pas assez vite, comme s'il allait manquer. Mais après quand j'ai entendu parlé de Jules Fromart, il était mort. Je ne connaissais pas grand chose de sa vie finalement. J'avais pas eu envie de rencontrer ses potes. C'était mon amant, je ne crois pas que j'avais envie qu'il devienne réel. Quand on en sait peu sur les gens, on peut les rêver... Mais du peu que je sais de lui, rien ne le menait vers cette mort. Un garçon dont le corps sent le caramel... un temps. J'peux fumer ?
Morlet acquiesce, se lève et lui tend un briquet.
Par L'Excessive, Dimanche 14 Octobre 2007 à 14:41 GMT+2 dans Les Hanches Larges (article, RSS)






