30. C'est ici que tout se termine.
Et maintenant.
(La musique, j'avais envie de la mettre pour ce dernier passage avant de l'avoir écrit et puis avant que... parce que j'adore ce disque... maintenant c'est vrai que j'ai plus de mal à l'écouter mais je voulais la mettre là, malgré tout...)
Maintenant que finalement rien n'a vraiment changé.
Il fait chaud, Paris transpire. Les pigeons survivent.
L'atmosphère est bleue et lourde comme le ciel.
Je n'ai plus trop chaud, moi. Les vêtements ne collent plus ma peau qui ne colle plus mes muscles, qui ne collent plus mes os, je suis nu et enterré. Je n'ai pas de regret. Je ne regrette pas même ma vie, je ne regrette pas d'être mort. Je ne regrette plus que tout le monde semble s'en foutre. Je ne regrette plus de n'être qu'un nom sur une pierre tombale. Le temps est passé. Je ne suis plus chair, je ne suis plus rien, je suis pourri, je me tais.
Louis est accoudé à la fenêtre de son appartement. Il fume, regarde un sac plastique voler, les gens marcher dans la rue, il ne pense pas vraiment, il est vide. Ne regrette rien.
Morlet enfile sont imper et retourne à la cuisine. Stéphanie boit son café, France Inter en sourdine, une main qui passe négligemment dans ses cheveux, un rayon de soleil touche ses bras nus. Elle est jolie. Il s'approche, elle lève les yeux, il lui sourit et fait danser sa langue avec la sienne. Un baiser d'amoureux. Sans regret.
La fille aux hanches larges est assise dans le métro. Elle fixe ses orteils vernis de rouge, un lecteur mp3 sur les oreilles. Un vague sourire flotte sur ses lèvres, comme une bonne habitude, le regard perdu, peut être hagard. Ses cheveux lâchés collent un peu son front et sa nuque. Le métro s'arrête, elle sort.
Elle marche comme on danse.
Je la regarde s'éloigner.
Par L'Excessive, Dimanche 9 Mar 2008 à 18:36 GMT+2 dans Les Hanches Larges (article, RSS)





